14 décembre 2008
Across the universe ou suivez les étoiles
Chère famille, chers amis, chers collègues,
Across the
universe est une des chansons des Beatles. John Lennon y décrit sa
communion avec les mots et leur pouvoir de diffusion, à travers
l’univers. Pour rendre hommage au chanteur, la très sérieuse NASA a
d’ailleurs diffusé la chanson en direction de l’étoile polaire, la plus
brillante de la constellation de la Petite Ourse, située à 431
années-lumière de la Terre, en février dernier. Plus je me rapproche du
Vieux continent plus j’écoute cette chanson et plus j’ai envie de vous
transmettre mes mots, mes pensées.
D’autre part, au sens littéral,
cette chanson peut être associée à mon ultime étape parce qu’en
traversant les États-Unis d’Amérique, j’ai eu le sentiment de traverser
l’univers. Non, je ne suis pas séduis par les sirènes de l’impérialisme
américain ! De San Francisco à Chicago, la variété des paysages est
immense et donne l’impression de traverser plusieurs pays, plusieurs
continents voire plusieurs planètes. En effet, comme en Australie
auparavant, quelques panoramas furent lunaires. Petitesse de l’être
humain.
Par ailleurs, à chaque étape de mon périple américain,
j’ai retrouvé un fort usage de l’étoile comme symbole. Évidemment, me
direz-vous, le drapeau national en est plein (tiens, d’ailleurs, mains
sur le buzzer, combien d’étoiles sur la « bannière étoilée »?) !
Pertinente remarque, chaque étoile représente un État américain et donc
une part de l’histoire du pays. A l’origine, le drapeau ne comptait que
treize étoiles. Lors de l’assassinat de Lincoln (14 avril 1865), le
drapeau compte vingt trois états en plus. Les villes reprennent souvent
cette symbolique. Ainsi, le drapeau de Chicago compte trois étoiles
entre deux bandes rouges. Chacune d’elles rappellent un événement
primordial pour la cité, comme le grand feu de 1871, un coup vache
(ohoh). Plus surprenant, le drapeau de Washington DC est la copie
conforme du sus-cité, sauf que les bandes précédent les étoiles.
Au
delà de la vexillologie, les « stars » sont omniprésentes dans le
paysage visuel américain. Bien sûr, sur Hollywood boulevard, les grands
noms crépitent sous les flashs des touristes éberlués. Le reste du
continent n’est pas en reste avec la proéminence de la presse people et
des publicités « starisées ». Comme souvent, le système est ambivalent
ici. Actuellement, une grande campagne publicitaire gorgée de stars
télévisuelles clame « I believe in zero » (comprenez, je crois au
zéro). Aucun rapport avec Coca, pour une fois, la campagne plaide pour
l’UNICEF, pour une disparition de la mortalité infantile. L’acteur,
photogénique, croit que la mortalité infantile peut atteindre zéro si
on se mobilise tous, en faisant un gros chèque, bien entendu. Charity
business qui (jeunes parents, passez au prochain paragraphe ou ayez un
sens de l’humour) oublie un peu vite que la planète est déjà
surpeuplée. En plus si aucun
ch’tit n’enfant ne meurt plus jamais
comment fera-t-on pleurer dans les chaumières au moment de Noël ? Que
ceux qui aiment le goût des larmes se rassurent, il restera toujours la
mort plus ou moins programmée de quelques clochards. Pour autant, je
considère que le must reste le bébé trouvé dans une poubelle, disons le
23 décembre. Je ferme cette parenthèse. Cette campagne publicitaire est
bonne parce qu’elle rassemble les gentilles stars.
Une étoile est
aussi le symbole des magasins « Macy’s » qui sont l’équivalent
américain de nos galeries Lafayette. Cher mais chic. Tout est gros aux
États-Unis, spécialement les cadeaux de Noël. Le budget moyen pour un
cadeau est de cinq cent dollars. Sous cette moyenne se cache des
milliers de liasses de billets verts menant de nombreuses familles aux
emprunts. Les gros sacs Macy’s se multiplient partout en cette période
de Noël qui, soulignons-le, apporte aussi son flot d’étoiles (du
berger) sur des sapins gigantesques. J’ai pu admiré le plus grand
d’entre eux dans la capitale, non pas devant la Maison Blanche mais
dans la gare (Union station), qui est une des plus belles gares du
monde. A l’image du reste de la ville, elle recèle de statues
d’inspiration grecque, des mosaïques dorées et de vitraux magistraux.
Dans
cette voie lactée des symboles, mon étoile est certainement celle de la
bibliothèque du Congrès. Une divinité éclaire l’entrée du bâtiment
(mais aussi le monde) et rappelle cette belle citation du président
Jefferson : « La démocratie ne peut s’exercer sans Savoir ». Peut-être
changerai-je d’avis en voguant vers Liberty island. Dernière étape,
dernier rêve (avant Noël) : New York, NY. Cette ville sera l’objet de
mon dernier courriel commun (sur ce blog tourdumonde08.canalblog.com
mais vous pourrez retrouver mes humeurs sur bingbangblog.canalblog.com
et mes chroniques de la Guyane sur sebchabenguyane.canalblog.com).
D’ici là, je vous souhaite un joyeux Noël, plein de bonheur, de magie et des étoiles plein les yeux.
Amitiés,
Sébastien
PS(tous) : pour ceux qui n’ont trouvé, le drapeau américain compte cinquante étoiles depuis le 4 juillet 1960, suite à l'intégration d'Hawaï le 21 août 1959 comme 50e État.
PS(tous) : je n'ai pas encore répondu à tous mes courriels, merci cependant et que cela ne vous empêche pas de me donner des nouvelles.
PS(amis): quels sont vos plans pour le jour de l'an ? Requête à l'américaine ! Mine de rien, je suis influencé ! Si je peux me joindre à un repas amical, arrosé au champagne et éventuellement avec de jolies femmes passionnées par les voyages et la géographie : je suis séduis !
PS(aux écrivains en herbe et Caroline) : across the universe correspond bien à mon ambivalence face à l’écriture (filez relire les paroles), depuis quelques semaines, je me consacre davantage à mon voyage mais je ne renonce PAS.
PS (Julie M.) : bon anniversaire !
22 novembre 2008
In bed with Madonna
Bonjour à tous,
le temps est passé si vite depuis mon dernier courriel. Mine de rien, j'ai quitté deux pays. La Nouvelle-Zélande d'abord où je n'ai pas manqué de célébrer la brillante victoire de Barak Obama avec Erika. J'ai été ému et sincèrement heureux de ce résultat. Il prouve que tous les rêves peuvent aboutir et que la méritocratie n'est pas un barbarisme. Le président Obama est parti de rien et à force d'études, de travail, de volonté et de talent, il sera sur la première marche le 20 janvier prochain. Les polémiques et les inquiétudes sont nombreuses, qu'importe, son destin est déjà un symbole.
Arrivé au Japon avec une fièvre persistante qui ne me quittera que rarement pendant mon séjour. Il semblerait que mes dents de sagesse soient responsables. Je comprends vos enfants respectifs et je peux témoigner : ils souffrent ! A Tokyo, heureusement, j'ai résidé dans une auberge douillette, un avant-goût du cocon japonais. La capitale est une vraie fourmilière, vive, bruyante et bouffie de lumières. Vertiges urbains. Tout le monde travaille, beaucoup. Une fois le bureau quitté, seul compte le confort. Le cooconing est la norme dans un intérieur sobre et feutré. Difficile de rencontrer les vrais japonais qui se cloîtrent dans des salons confortables ou dans des salles de karaoké privées.
L'organisation des cybers est
symptomatiques de cette société. La salle commune est quasiment
inexistante. L'espace est organisé autour de cabines privées de deux
mètres carrés composées d'un bureau avec un ordinateur et,
inlassablement, d'un siège en cuir. Le tout est fermé par une porte
coulissante et baigné par une lumière blafarde. L'ordinateur devient un
prolongement du corps. Autre exemple, la chambre capsule. Arrivé à
Nagoya avec un jour d'avance, j'ai résidé dans un de ces hôtels
capsules pour une nuit. Là encore, la recherche du confort est extrême.
Chaque visiteur reçoit un peignoir en soie pour se sentir libre de
toutes contraintes vestimentaires. Un sauna, un jaccuzzi japonais (trop
chaud), un hammam, un cinéma et des ordinateurs sont proposés
gratuitement. Le réceptionniste ne manque pas de vous faire remarquer
que du côté homme (ah oui, le Japonais est hyper-macho), une série de
films pornos est à disposition.
Chacun peut jouir dans sa capsule
personnelle ! Personnellement, ce mélange entre un travail acharné et
une jouissance impérative m'a fait pensé à 1984 (le roman d'Orwell):
«L'idée lui vint que la vraie caractéristique de la vie moderne était,
non pas sa cruauté, son insécurité, mais simplement son aspect nu,
terne, soumis. » Je crois que pour cette raison, je ne suis pas prêt
pour vivre au Japon.
Ceci dit, pour nuancer un peu, je dois
ajouter que les couleurs de l'automne sont les plus belles que je n'ai
jamais vues. Sur l'île-sanctuaire de Miyajima, j'aurais pu facilement
rester des semaines à photographier chacune des feuilles. J'ai failli
manquer le dernier ferry, subjugué par la beauté du coucher de soleil.
Véritable émotion esthétique.
L'émotion était aussi au rendez-vous
lors de ma visite du parc de la paix d'Hiroshima. Je connaissais le
fait historique et j'avais déjà vu les photos, seulement je n'avais pas
entendu les écoliers chanter pour la paix et offrir des animaux pliés
avec tout l'art de l'origami. Et puis, cette cloche qui retentissait
toutes les minutes pour rappeler que le 6 août 1945, plus de 75 000
personnes furent tuées sur le coup.
Décollage pour Los
Angeles. Contrairement à ce que dit la chanson, la terre n'a pas
tremblée. Pourtant, une petite catastrophe était bien là : un immense
feu dans le Nord de la ville. Cinq cent maisons ont été détruites et
quelques écoles aussi. Madonna se mobilise pour l'une d'elles, je crois
la voir dans une limousine noire (si,si). L'air est saturé de fumées
(toxiques) et de sirènes assourdissantes pendant quelques heures.
L'enfer serait-il californien ?
Hollywood me persuade du
contraire. Les stars, de Welles à Depp, se bousculent sur le fameux
boulevard. J'assiste à la première de James Bond avec une des actrices.
Une première à Hollywwod, après l'enfer, le paradis. Cette félicité
perdure le lendemain quand je visite les studios Universal. Le parc
propose des attractions liés aux plus grands films et une visite des
studios. Avec l'entrée de base, j'ai pu marché sur Wisteria Lane (celle
de "Desperate housewife", une série américaine). Une "entrée plus"
permet de sauter la queue (génial, j'aurais dû payer dix dollars de
plus...) et une "entrée VIP" permet de voir les coulisses des studios
(200 dollars, tout de même). Une "entrée VIP plus" permet de rencontrer
une star. Je me suis demandé si une "entrée VIP VIP" existait, avec une
nuit avec Madonna (je ne sais pourquoi, elle accapare mon esprit depuis
la scène du feu).
Après un dernier karaoké avec des Irlandais, j'ai quitté la cité des anges pour rejoindre San Francisco. Même si les températures sont définitivement moins clémentes qu'à LA, le soleil est bien présent. Aujourd'hui, j'ai loué un vélo pour explorer la côte et traverser le Golden bridge (le pont en or).
Ce congé est passé à une vitesse incroyable et j'attaque mes dernières semaines. Même si je dois le payer au prix fort, je sais que je regretterais pas ma décision. A force de voir le monde, je crois que je commence à le comprendre. J'espère que sans Madonna, vos vies n'en sont pas moins resplendissantes. Amitiés sincères,
Sébastien
PS1 (Montenot's connection): Bienvenue Alexine !
PS2 (Marion et Séb) : Alors ??? J'attends de vos nouvelles avec une vive impatience !
PS3 (Dan, Elsa et les autres): merci pour vos mails respectifs.
PS4 (Tous) : Peace !
26 octobre 2008
L'art d'être un artiste
Chère famille, chers amis, chers collègues,
« Comme la vérité, l’art est aux côtés des opprimés » selon Malcom X. Hasard du calendrier, j’ai eu la chance d’être à Melbourne pour le festival international des arts. Flânant d’expos en expos, je me suis interrogé sur la définition de l’art. Pour moi, l’art est d’abord une mise en perspective aboutissant à un sentiment ou une interrogation. Douze années après mes cours de philo, je continue de penser qu’ils furent essentiels dans mon parcours intellectuel mais j’ai encore du mal à définir de simples concepts comme l’Art (avec une majuscule).
Une expo en particulier m’a interpellé. Celle de deux artistes nommés « Crooked rib and Aerosol Arabic ». Sur le papier, l’idée de permettre à un collectif de jeunes de s’exprimer sur « la condition de jeunes musulmans de Melbourne » m’est apparue comme audacieuse.
Pourtant, quand je suis arrivé dans l’allée, je n’ai vu que deux musulmanes voilées peignaient un graffiti sur un mur suintant la crasse. J’ai eu ce recul (arrogant ?) me disant est-ce cela l’art ? Deux musulmanes brandissant deux bombes de peinture bon marché pour démontrer qu’elles aussi peuvent être des rebelles. Pour moi, cela ressemble plus à un cliché luttant contre un autre cliché. Il semblait naturel de penser que des femmes voilées peuvent faire ce qu’elles veulent. Mais mine de rien, je me suis alors interrogé sur la définition de l’art. Mission accomplie ? L’art doit-il avoir une mission ? Je n’ai pas tardé à quitter les « ispicces de counnasses » trop silencieuses, pour rejoindre une autre expo. Plongé dans une salle obscure (j’aurais préféré un cinéma) , l’exercice consiste à observer un hologramme pendant vingt longues minutes. Non, non, rien d’autre ! Le guide du festival résume
l’œuvre ainsi « un exemple touchant de la force de la foi ». Tu m’étonnes, il faut sans doute avoir la foi pour voir la beauté là où se trouve un vulgaire halo de lumière numérique !
Plus prosaïquement, la ville de Melbourne est classiquement classe. Un plan traditionnel, en damier, avec de bons gros bâtiments au style victorien (colonial, en somme). J’ai aussi aperçu une divine lumière dans les cathédrales St Paul et St Patrick. De nombreux parcs donnent une vraie fraîcheur à la ville, principalement le parc botanique qui fait le bonheur des petites vieilles qui scandent les noms latins de roses contemporaines.
Comme à Sydney, les plages bordent la cité. Celle de Brighton avec ses cabanes colorées est ma favorite parce qu’il est possible de trouver un petit coin de paradis silencieux à l’angle d’une foule tumultueuse mais distrayante. L’océan était gelé, ce qui ne m’a nullement empêché de me baigner dans une eau vraiment limpide.
Le clou de mon séjour ici restera sans doute l’expédition sur l’île Philippe, à deux heures de route de Melbourne. Sur des rivages herbeux, il est possible de croiser la nature australienne. Les wallabies d’abord que je pourrais regarder sauter pendant des heures. Ensuite les mouettes qui, pour une fois, étaient touchantes, surtout avec leurs petits, dans leurs habitables naturels, au cœur d’une réserve protégée.
Last but not least, les plus petits pingouins du monde qu’il faut attendre longuement, lové dans un coin de plage. Au coucher du soleil, ces petits êtres hauts de trente centimètres sortent de l’océan et remontent péniblement la plage (avec cette marche typique) pour aboutir aux dunes protectrices. Le cri de ralliement est touchant et n’importe qui serait tenté de les guider en criant : « Par là, petiot ! ». Il faudrait bien évidemment dire quelques mots sur la reproduction des pingouins et sur l’imagination érotique (voire pornographique) de cette espèce. Seulement, mon crédit arrive à son terme et je vais devoir rendre cet ordi. Tiens une idée : diffuser un film sur la reproduction des pingouins dans une salle obscure. Le visiteur sera forcément amené à s’interroger et je serais catalogué comme artiste.
En attendant le vernissage, je vous souhaite d’atteindre « la paix et la prospérité » promises par la région de Victoria. Que l’art illumine vos vies. Amitiés.
Sébastien
PS 1 : bienvenue Alessio sur cette planète assez chouette !
PS 2 : Alain, une piqûre de rappel est encore possible.
PS 3 : J'attends de vos nouvelles !
05 octobre 2008
De la mer dans la tête
Bonjour a tous,
il est 7H en métropole (16H à Sydney), je lis vos nouvelles du lendemain. La crise, Sarko, les nuits blanches, blablabla...Je ne sais même plus pourquoi je regarde. Le temps est pluvieux ici mais les Sydney-siders ont l`air encore plus joyeux, plus souriants et plus festifs que jamais. Il faut dire qu`ils sont en vacances jusqu`à mardi et qu`ils savent vraiment célébrer l`évènement. L`actualité ici est uniquement sportive. Au programme, du rugby, du foot, du cricket et du surf. La ville est aussi couverte de groupes de musique. Hier, j`ai pu assister gratuitement à un concert de jazz et à une grande fête salsa. A cette occasion, j`ai pu constater que les Australiens swinguent aussi bien que les Brésiliens !
Précédemment, j`ai bien sûr visité le grand opéra(photo ci-dessus, empruntée au site archipels.ca). Comme Thalès en son temps, Jorn Utzon a été obnubilé pendant de longues semaines par les proportions exactes à donner à son oeuvre. la légende dit que la solution lui serait apparue lors d`un rêve. Le promeneur que j`ai été n`a pu que constater et apprécier l`harmonie régnant sur le lieu qui s`avère être un parfait terrain de chasse photographique. D`autant que les céramiques qui composent l`édifice réagissent à la lumière et son intensité. A peine la tête tournée que l`opéra prend une autre teinte. De quoi donner le tourni au photographe amateur ! Enfin, l`acoustique est extraordinaire. En s`inspirant des théâtres grecs, l`architecte permet aux artistes de chanter ou jouer sans aucun micro. J`ai testé, trente secondes, ça fonctionne !
En dehors de Bennelong Point, la ville ressemble bien à une mégalopole traditionnelle avec une foret de buildings et une tour (voir la brève du 5 octobre à ce propos, sur mon blog) dominant l`ensemble. Seulement, les OZ ont su préserver les bâtiments fin XVIIIe, XIXe. Certains semblent sortir d`un décor de western. L`ambiance de quartier est bien préservée. Il fait bon vivre à peu prêt partout dans cette ville, surtout avec les parcs, les pubs et les cybers situés à chaque coin de rues.
Si l`Australie est aussi agréable c`est bien certainement pour la tolérance de son peuple. Tout le monde est bienvenue ici et il ne s`agit pas d`une formule publicitaire. Chacun pourra trouver sa place. La religion, la sexualité, la couleur de peau et les origines ne comptent que si vous le souhaitez. Les Australiens aiment à dire que le pays est une terre d`accueil et c`est vrai. Aujourd’hui, l’Australie compte près d’une centaine de communautés culturelles distinctes réparties entre 4000 organisations ethniques. Le recensement de 1991 faisait apparaître les conclusions suivantes: 2,5 % des Australiens nés à l'étranger étaient nés en Grande-Bretagne et en Irlande, 30 % venaient d'autres pays européens et 21 % provenaient d’Asie et du Proche-Orient. Cette immigration multiethnique explique pourquoi l’Australie est tentée, depuis quelques années, de se transformer en république.
Enfin, Sydney possède en même temps une classe britannique (qui fait que tout le monde se tient droit et peut sortir avec un parapluie sans avoir l`air d`un clown) et une vraie liberté corporelle (les OZ marchent souvent pied-nus ou torses-nus). Sans doute parce que la plage n`est jamais loin. L`une des grandes caractéristique de cette ville est bien de vivre avec la mer dans la tête. Les plages, les ferries et magasins de surf sont omniprésents et, si l`ensemble de population ne surfe pas, elle l`a fait ou va le faire.
Pour ma part, je vais rejoindre les terres. Sur ma route pour Adelaide (nom, propre, que je ne sais pas prononcer avec l`accent aussie). Vingt-deux heures de bus. La route des vins, au bout du chemin.
J`espère que ce courriel vous trouve tous dans une forme inhabituelle et dans un bonheur certain. J`ai hâte de pouvoir vous lire, les uns et les autres.
Amicalement,
Sébastien
PS (tous) : j`ai mis des photos de la Chine et de Macau sur facebook, pour les amateurs !
PS (tous) : non, je n`ai pas encore essayer le surf...
PS (Enzo et Sandra) : Alors ??!
PS(Céline): Bienvenue sur facebook !
PS(tous) : je veux bien des commentaires sur mon blog !!!!
16 septembre 2008
Lost in translation
Chère famille, chers amis,
Peut-être vous rappelez vous le film « Lost in translation » (littéralement, perdu dans les traductions) de la charmante Sophia Coppola. Dans ce film, Bob, le héros, est incapable de s’intégrer dans l’univers de Tokyo ou il vient de débarquer. Il est incapable de dormir à cause du décalage horaire et puis il ne comprend rien a son entourage, à cause des idéogrammes qui lui sont totalement étrangers. Enfin, plus que tous ces détails, il est paumé. Dans sa vie, dans sa tête.
Ma première semaine chinoise a vraiment ressemblé à ce film. Le décalage a joue, c’est certain. J’ai été incapable de dormir dans cet avion. Pourtant, pour une fois, je n’étais pas coincé à côté d’une vieille ou d’un gamin criard. J’étais seul dans ma rangée. Incroyable ! J’aurais même pu m’allonger. Finalement, entre l’excitation et le doute, j’ai regardé tous les films à l’affiche. Une fois arrivé, parce que j’avais pris la grande décision de ne pas prendre de guide (pour gagner, bêtement, du poids dans mes bagages), j’ai galéré, un peu. Surtout que, surprise, les Chinois de Shanghai sont loin de parler l’anglais, même comme un espagnol…Après beaucoup de gestes et de marche, j’ai fini par trouver l’auberge de jeunesse ou j’avais pris une réservation.
Refuge. J’ai dormi quelques heures avant d’envoyer un courriel a ma famille (qui n’est manifestement pas arrive, les transferts sur Yahoo étant manifestement contrôlés (Bah oui, une dictature surveille aussi les petits touristes). Ensuite, j’ai pu contacter Tristan, un contact du fameux site couchsurfing. Le lendemain, j’ai pu le retrouver et déposer mes bagages dans son appartement-Eden.
(
crédit photo : ce n'est même pas une de mes photos, parce que j'ai perdu ce µµµ de câble voilà des mois... Alors merci Galiléo)
Shanghai est une immense ville, futuriste, indomptable. Elle est la plus grande ville de Chine et la plus peuplée avec trois mille habitants par kilomètre carré. Son nom signifie "sur la mer", ce qui s'explique par l'importance de l'eau dans l'essor économique de la ville qui se compose de deux quartiers, Puxi et Pudong, situés respectivement à l'Ouest et à l'Est de la rivière qui traverse Shanghai, la Huang Pu. En ce qui me concerne, j’ai largement préféré Pudong qui m’apparaît comme un décor de cinéma. Tiens, j’ai eu l’impression d’évoluer dans le dernier Batman et je m’attendais à croiser la batmobile à chaques coins de rues. Les hauts immeubles fleurissent sur Pudong. Mon préféré est celui qui abrite le Centre Mondial des Finances de Shanghai. Du haut de ses 492 mètres, la tour domine la ville. La hauteur est d’ailleurs mise en scène par l’architecte Kohn Pedersen. Les hologrammes dans l’ascenseur accroissent la sensation de vitesse et je défie quiconque de ne pas avoir un frisson. D’autant qu’a l’arrivée, des carreaux en verre permettent de percevoir le vide. Vertige !
A part cette aventure, Shanghai restera pour moi la ville ou je me perds. Je n’ai pas arrête, même avec deux plans et de meilleures chaussures. Heureusement, a chaque fois, le taxi a été une solution commode pour retrouver mon chemin, toujours en bataillant avec la langue. Grâce à Tristan, j’ai découvert les bienfaits des massages, du dos, et surtout, des pieds. Là encore, le personnel ne parlait pas un mot d’anglais (pas même le basic « hello-good bye »). Seulement, dans ce cas, le langage du corps suffisait (je précise immédiatement, pour les esprits vagabonds, qu’il s’agissait uniquement de massages, sans aucun sous-entendu). La révélation d’une telle descente des muscles fut tellement appréciable que je suis revenu quatre fois.
Le train entre Shanghai et Hong Kong fut un retour dans mon élément. Ce parcours de vingt-quatre heures fut un vrai régal. Dans mon compartiment-couchette, j’ai pu dîner d’une soupe (avec des morceaux de viandes de bœuf et de légumes, comme je l’aime), lire et enfin ne rien faire. Un charmant vieux sage partageait la cabine et nous avons même pu parler un peu, du temps qui passe.
Hong Kong (qui signifie Port aux Parfums en mandarin) m’est immédiatement apparu comme plus accueillante. Ancienne colonie britannique, la ville possède tous les avantages d’une ville européenne avec le charme de l’exotisme en plus. Malheureusement, le charme s’est rompu en arrivant dans ma pension. Une chambre bien crade et une douche bricolée avec un robinet au-dessus des toilettes. Vous avez vu La famille Adams ? A cote de ce taudis sans nom, cette villa était un paradis. De quoi perdre le sourire mais peu de temps. J’ai trouve une autre chambre, a visage humain. Du coup, j’ai pu à nouveau me considérer comme un citoyen du monde. J’ai trouve trois fabuleux temples sur mon chemin. Le plus touchant aura été le temple Hung Dhing, situé sur la rue de la reine. Petit et sombre, ce lieu offre un silence merveilleux ou tout le tumulte de la ville s’efface, spontanément. Encens. Séreinité. Paix, retrouvée.
Il ne me reste qu’à trouver Charlotte, comme ce cher Bill Muray, dans le film précédemment énoncé. Si elle ressemble à Scarlette Johansson, je promets de parler en vers shakespeariens.
J’espère que ce courriel vous trouve tous en excellente forme et que le GPS de vos vies respectives est bien réglé. A bientôt
Sébastien
PS(tous): accents ok !
PS (Aude et Sylvain) : congratulations !
PS (Olivier): Toujours prêt pour ce voyage aux USA ?
PS (Enzo et Sandra) : merci pour ce symapthique sms. Bon courage pour les derniers jours d'attente.
PS (Claire) : Bon courage pour ton nouveau départ dans la vie.






