22 novembre 2008
In bed with Madonna
Bonjour à tous,
le temps est passé si vite depuis mon dernier courriel. Mine de rien, j'ai quitté deux pays. La Nouvelle-Zélande d'abord où je n'ai pas manqué de célébrer la brillante victoire de Barak Obama avec Erika. J'ai été ému et sincèrement heureux de ce résultat. Il prouve que tous les rêves peuvent aboutir et que la méritocratie n'est pas un barbarisme. Le président Obama est parti de rien et à force d'études, de travail, de volonté et de talent, il sera sur la première marche le 20 janvier prochain. Les polémiques et les inquiétudes sont nombreuses, qu'importe, son destin est déjà un symbole.
Arrivé au Japon avec une fièvre persistante qui ne me quittera que rarement pendant mon séjour. Il semblerait que mes dents de sagesse soient responsables. Je comprends vos enfants respectifs et je peux témoigner : ils souffrent ! A Tokyo, heureusement, j'ai résidé dans une auberge douillette, un avant-goût du cocon japonais. La capitale est une vraie fourmilière, vive, bruyante et bouffie de lumières. Vertiges urbains. Tout le monde travaille, beaucoup. Une fois le bureau quitté, seul compte le confort. Le cooconing est la norme dans un intérieur sobre et feutré. Difficile de rencontrer les vrais japonais qui se cloîtrent dans des salons confortables ou dans des salles de karaoké privées.
L'organisation des cybers est
symptomatiques de cette société. La salle commune est quasiment
inexistante. L'espace est organisé autour de cabines privées de deux
mètres carrés composées d'un bureau avec un ordinateur et,
inlassablement, d'un siège en cuir. Le tout est fermé par une porte
coulissante et baigné par une lumière blafarde. L'ordinateur devient un
prolongement du corps. Autre exemple, la chambre capsule. Arrivé à
Nagoya avec un jour d'avance, j'ai résidé dans un de ces hôtels
capsules pour une nuit. Là encore, la recherche du confort est extrême.
Chaque visiteur reçoit un peignoir en soie pour se sentir libre de
toutes contraintes vestimentaires. Un sauna, un jaccuzzi japonais (trop
chaud), un hammam, un cinéma et des ordinateurs sont proposés
gratuitement. Le réceptionniste ne manque pas de vous faire remarquer
que du côté homme (ah oui, le Japonais est hyper-macho), une série de
films pornos est à disposition.
Chacun peut jouir dans sa capsule
personnelle ! Personnellement, ce mélange entre un travail acharné et
une jouissance impérative m'a fait pensé à 1984 (le roman d'Orwell):
«L'idée lui vint que la vraie caractéristique de la vie moderne était,
non pas sa cruauté, son insécurité, mais simplement son aspect nu,
terne, soumis. » Je crois que pour cette raison, je ne suis pas prêt
pour vivre au Japon.
Ceci dit, pour nuancer un peu, je dois
ajouter que les couleurs de l'automne sont les plus belles que je n'ai
jamais vues. Sur l'île-sanctuaire de Miyajima, j'aurais pu facilement
rester des semaines à photographier chacune des feuilles. J'ai failli
manquer le dernier ferry, subjugué par la beauté du coucher de soleil.
Véritable émotion esthétique.
L'émotion était aussi au rendez-vous
lors de ma visite du parc de la paix d'Hiroshima. Je connaissais le
fait historique et j'avais déjà vu les photos, seulement je n'avais pas
entendu les écoliers chanter pour la paix et offrir des animaux pliés
avec tout l'art de l'origami. Et puis, cette cloche qui retentissait
toutes les minutes pour rappeler que le 6 août 1945, plus de 75 000
personnes furent tuées sur le coup.
Décollage pour Los
Angeles. Contrairement à ce que dit la chanson, la terre n'a pas
tremblée. Pourtant, une petite catastrophe était bien là : un immense
feu dans le Nord de la ville. Cinq cent maisons ont été détruites et
quelques écoles aussi. Madonna se mobilise pour l'une d'elles, je crois
la voir dans une limousine noire (si,si). L'air est saturé de fumées
(toxiques) et de sirènes assourdissantes pendant quelques heures.
L'enfer serait-il californien ?
Hollywood me persuade du
contraire. Les stars, de Welles à Depp, se bousculent sur le fameux
boulevard. J'assiste à la première de James Bond avec une des actrices.
Une première à Hollywwod, après l'enfer, le paradis. Cette félicité
perdure le lendemain quand je visite les studios Universal. Le parc
propose des attractions liés aux plus grands films et une visite des
studios. Avec l'entrée de base, j'ai pu marché sur Wisteria Lane (celle
de "Desperate housewife", une série américaine). Une "entrée plus"
permet de sauter la queue (génial, j'aurais dû payer dix dollars de
plus...) et une "entrée VIP" permet de voir les coulisses des studios
(200 dollars, tout de même). Une "entrée VIP plus" permet de rencontrer
une star. Je me suis demandé si une "entrée VIP VIP" existait, avec une
nuit avec Madonna (je ne sais pourquoi, elle accapare mon esprit depuis
la scène du feu).
Après un dernier karaoké avec des Irlandais, j'ai quitté la cité des anges pour rejoindre San Francisco. Même si les températures sont définitivement moins clémentes qu'à LA, le soleil est bien présent. Aujourd'hui, j'ai loué un vélo pour explorer la côte et traverser le Golden bridge (le pont en or).
Ce congé est passé à une vitesse incroyable et j'attaque mes dernières semaines. Même si je dois le payer au prix fort, je sais que je regretterais pas ma décision. A force de voir le monde, je crois que je commence à le comprendre. J'espère que sans Madonna, vos vies n'en sont pas moins resplendissantes. Amitiés sincères,
Sébastien
PS1 (Montenot's connection): Bienvenue Alexine !
PS2 (Marion et Séb) : Alors ??? J'attends de vos nouvelles avec une vive impatience !
PS3 (Dan, Elsa et les autres): merci pour vos mails respectifs.
PS4 (Tous) : Peace !
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